Des extraits de mes livres

L’élaboration d’un vrai poème nécessite une grande rigueur, l’inspiration ne suffit pas ! Derrière un texte de quelques lignes se cachent plusieurs brouillons, de multiples corrections. Des semaines peuvent s’écouler entre l’idée donnant naissance au projet et la version définitive. Il ne s’agit pas d’acheter un dictionnaire de rimes et de jeter sur le papier ce qui passe par la tête. 

Il ne s’agit pas de rechercher les formules les plus obscures afin d’égarer le lecteur.

Dans mon manuel parascolaire  "Un poète vous explique comment il utilise les procédés littéraires", je vous dévoile tout, de l’élaboration à l’interprétation du poème. Je vous explique comment j’ai utilisé la panoplie des techniques littéraires. J’attire ainsi l’attention sur plus de deux-cent-cinquante notions littéraires. 

Je varie la présentation : genèses, études linéaires approfondies, commentaires littéraires, ou dialogues avec un élève.

Je vous présente ici de courts extraits tirés de mon ouvrage parascolaire. 


Ecrire dans un registre lyrique et dans un registre pathétique

Un poème de dix-neuf vers libres :  

 

Caresse fanée

 

Je caressais tes joues, mon bébé, mon enfant,

Tes doigts se promenaient, sur ma main, tendrement,

Les jours se promenaient, tes doigts figeaient le temps,

Mais le temps caressait son dessein grimaçant

Et ma main se plissait, se fanait doucement.

Tes dix-sept ans !

[...]  

© Dominique Fache, 2008 et 2012. 


« Joyeux anniversaire ! » Une mamie offre un cadeau à sa petite-fille. L’adolescente remercie rapidement et s’éloigne sans embrasser sa grand-mère. Elle n’ouvre même pas la pochette cadeau !

 

Découvrez ce poème dans le recueil

 « Clins d’émotion »

 

Je vous explique comment j’ai écrit ce texte. Je vous propose une lecture linéaire, nous analysons en particulier les techniques retenues pour écrire dans un registre lyrique et dans un registre pathétique. 

 

[...]  Les anadiploses me permettent de faire une émouvante liaison entre la joue qui attendait une bise et cette même joue qui ne trouve qu’une larme ; entre la main fripée pleine de tendresse et cette même main repoussée comme un chiffon. [...] L’allitération en [m] alourdit les vers, l’ambiance est pesante : « larme, amère, me, main, main, chemin, larme, amère, me ». [...]  Le sentiment d’amertume est confirmé par l’allitération en [r] : « larme, amère, caresse, caressait, espoir, larme, amère, caresse, trop, ridée…» l’homéotéleute « sure » et l’anaphore « ses » brisent l’harmonie du texte.

[...] 

 « Un poète vous explique comment il utilise les procédés littéraires »


Ecrire dans un registre épidictique

 Un poème argumentatif de 16 vers libres :

 

La vie, à grands pas

 

Le plus triste dans la vie,

C’est se consacrer aux études, les réussir brillamment,

Le plus triste dans la vie,

C’est travailler assidument, mener sa carrière hardiment,

Le plus triste dans la vie,

C’est se détendre sur la plage et glisser sur la neige, insouciant

[...]

© Dominique Fache, 2008 et 2012.

 
Un texte déroutant !

Découvrez  ce poème dans le recueil « Clins d’émotion »

 Je vous explique comment j’ai écrit dans un registre épidictique et dans un registre pathétique, nous étudions les arguments implicites et la thèse. Je vous propose une lecture linéaire, nous analysons en particulier les anaphores et les parallélismes. 

 

[...] Je mets en relief les défauts de mon personnage. Implicitement, je lui adresse des reproches, je porte un jugement négatif sur son attitude : je le blâme.

Je commence par un superlatif, le troublant modalisateur « Le plus triste ». Je joue sur deux sens de l’adjectif polysémique « triste ». Lors d’une première lecture, je souhaite que l’on pense à « douloureux ». Mais quand le lecteur a découvert l’ensemble du poème, je préfère qu’il lui donne un sens péjoratif. [...]  Je donne une fonction conative à mon discours.

Avec ce « vous », deuxième personne du singulier, j’abandonne les pronoms neutres et j’accuse directement mon personnage. Mais le « vous » a une portée plus large, deuxième personne du pluriel, il pourrait concerner certains lecteurs. [...]  

« Un poète vous explique comment il utilise les procédés littéraires » 


Ecrire une allégorie

Variation sur un vol

[...]

Deux collines, coquines, tendent leurs joues câlines,

Grisant vertige, sur une tige, de l’impatiente balsamine.

Un courant d’air, détournement.

Une bourrasque, je touche l’herbe folle,

Et pour ma nouvelle héroïne, je vole, je vole !

La tourmente, une rafale ! Je vacille.

[...]

© Dominique Fache, 2008 et 2012.

 

Un poème de 41 vers libres, difficile à écrire puisque chaque mot doit permettre une lecture à double sens.

 
Il pleut, une gouttelette d’eau commence sa vertigineuse descente vers le sol, elle s’inquiète. Où tombera-t-elle et que deviendra-t-elle ? C’est le thème apparent du poème.
Un adolescent glisse progressivement vers la délinquance, c’est le sens intentionnel du poème.

 

Je vous explique pourquoi j’écris en vers libresje vous propose une lecture linéaire, nous étudions les techniques utilisées et nous analysons l’allégorie.

 

[...] L’énoncé est ancré dans la situation d’énonciation. La gouttelette expose les faits au moment où ils se déroulent, elle parle (ou elle pense) au présent d’énonciation (appelé également présent d’actualité).

J’écris en focalisation interne, ne révélant que les pensées de la narratrice.

Le langage a surtout une fonction expressive, mais je marque quelques vers d’une fonction poétique « Le séduisant mirage … me poétise » ; « Sur un sommet frileux … le sable mou » ; « Deux collines … l’impatiente balsamine ».

[...] 


Ecrire un énoncé performatif

Lettres folles.

 [...]

Fier, le tambourin roule une allitération.

 

           La timide litote esquisse une escapade,

En veston d’hyperbole, elle conte parades,

Grandioses cavalcades, facéties insensées,

Joyeuse débandade et chars démesurés.

[...]

© Dominique Fache, 2008 et 2012.

 
Un poème de 38 vers libres.

Les lettres et les figures de style prennent la plume et écrivent le poème.

Ce discours narratif a une fonction poétique, c’est un spectacle : je jongle avec les procédés littéraires.

S’il permet à des élèves de retenir plus facilement le rôle de quelques techniques, il a aussi une fonction métalinguistique.

  

Je vous explique comment je l’ai écrit, je vous propose une lecture linéaire, nous étudions l’énoncé performatif et nous analysons les arguments implicites

 

[...] Le tambourin profite de l’anastrophe « Fier » pour se distinguer, il parade sur un vers isolé afin de ne pas se mêler aux autres instruments. Les sons émis par les roulements du tambour ressemblent à une allitération en consonne roulée [r]. « Allitérations » est une métaphore qui remplace « roulements de tambour ». J’écris le signe « allitérations » qui, lui-même, renforce une allitération en [r] « fier, tambourin, roule, allitérations ». C’est une nouvelle autonymie.

[...]


Ecrire une harmonie imitative, une harmonie suggestive

Traintrain 

[...]

Rouage grince et crisse et crie,

Fumée, fumée,

Elle écrase le rail et crache sa vapeur,

Et tire son tender dans un fracas rageur,

Les wagons guillerets,

Fumée

[...]

© Dominique Fache, 2008 et 2012.

 

Ce poème de vingt-trois vers libres est une allégorie, je représente une abstraction, la vie, par une image concrète, le train.

 

Dans mon manuel, découvrez la genèse du poème. J’ai d’abord écrit une comptine pour les enfants, puis j’ai méticuleusement travaillé le texte afin de le transformer en poème.

Je vous propose ensuite une lecture linéaire et je vous explique, par exemple, comment j’ai écrit pour essayer de créer une harmonie imitative et une harmonie suggestive

 

 [...] Il ne s’agit pas d’un parallélisme, les deux propositions ne sont pas construites de la même façon. Caresse, verbe, a pour sujet « elle » alors que « Guirlande ... grisonnés » est un groupe nominal mis en apposition à « elle ». 

[...] Toujours un rythme binaire, l’individu est partagé entre la satisfaction de profiter d’un certain bienêtre et le tourment de voir le temps s’enfuir. J’illustre ce dilemme par une allégorie, les cimes représentent les pensées.

[...] 


Ecrire un apologue

La Cerise sur le Chapeau

 

Maman gâteau, un jour de fête,

Donna le jour à des jumeaux :

Une adorable tartelette,

Un gâteau plat, fort maigriot.

Pauvre gâteau sur son plateau

Rêvait de belles amourettes.

Pauvre gâteau bien trop pâlot

Pour régaler une galette.

[...]

 © Dominique Fache, 2008 et 2012.

 

Simple fantaisie rimée, ce texte n’est pas un poème. Je l'analyse dans mon manuel « Un poète vous explique comment il utilise les procédés littéraires », vous découvrirez les principaux reproches que je lui adresse.

 

La personnification des gâteaux nous plonge dans un univers enfantin.

J’écris dans un registre comique, mais une leçon morale se dégage de ce court récit imaginaire que nous classerons parmi les apologues. 

 

[...] Après l’anaphore, c’est l’épiphore qui déplace le personnage principal, le gâteau, de strophe en strophe. 

Pour évoquer la tartelette, la cerise et la starlette, j’utilise les « rondelettes » consonnes liquides [ʀ] et [l] et je renforce l’allitération par des mots qui comportent ces deux sons à la fois : « adorable, tartelette, régaler, rondelette, starlette, réclama ».  

[...] 


Développer une argumentation

Siffle avec les oiseaux

 [...]

Des inventions magiques

Des connexions magiques,

Je vends même le vent, des arguments magiques,

Et j’achète le temps, petits robots magiques. 

[...]

© Dominique Fache, 2008 et 2012.

 

 Un poème de 23 vers libres.

  

Dans mon manuel, je vous explique comment j’ai écrit le texte, mot à mot. Je vous parle de l’origine du poème et du titre,  je vous propose une lecture linéaire, nous analysons les techniques utilisées pour l’écriture des arguments implicites et des thèses

 

[...] Discours narratif dans la première, j’observe et je raconte dans un style coupé, sans marquer ma présence.

Discours injonctif, je donne des conseils dans la dernière strophe, l’homme devrait prendre le temps de redécouvrir les plaisirs simples (thèse soutenue). Les deuxième et troisième strophes, un discours argumentatif, vont étayer la thèse en dénonçant, dans un registre satirique, un bonheur illusoire.

Pour essayer de rallier le lecteur à mon opinion, j’adopte une argumentation indirecte, je fais appel à sa sensibilité. Je cherche à le persuader.

[...] 


Les questions des élèves

             Chloé - Est-ce que l’anaphore ou l’allitération, par exemple, naissent d’une écriture spontanée ?

 

- Je choisis avec quel degré d’émotion je veux transmettre une idée ou un message, j’écris selon mon inspiration, puis je corrige. Si je pense « il faut que le lecteur prête une attention particulière à ce mot », je vais essayer plusieurs techniques et je vais retenir celle qui me parait la meilleure ; si je pense « il faut que je communique précisément cette idée », je vais chercher, parfois pendant des jours, le mot ou le groupe le plus expressif. En général, les figures de style s’imposent naturellement dès le premier brouillon. Dans les figures d’analogie, le comparant me vient presque automatiquement à l’esprit. Les allitérations et assonances réclament beaucoup d’attention. Je note de longues listes de mots qui comprennent les sons choisis et je retiens ceux qui expriment exactement l'idée que j'ai en tête, en veillant à respecter la syntaxe, le nombre de syllabes du vers, les temps de conjugaison...

Je te cite un passage qui a exigé un très long travail sur les connotations, sur le rythme, sur les allitérations en [r], en [s] ou [z] et sur les homéotéleutes :

« Choisir un doux roseau, veiller sur son berceau, le ruisseau ?

Barboter sur la mer, lame de ses courroux, qui gronde le sable mou ? »

 

© Dominique Fache, 2012.

 

Découvrez mes dialogues avec les élèves dans le manuel « Un poète vous explique comment il utilise les procédés littéraires » 


Ecrire un sketch absurde

Le sketch qui n'existe pas

 [...]

- Vous permettez ? (Le comédien fait quelques pas côté jardin)

- Mon Sketch ! ... mais ...tu pleures mon Sketch ? ... mais ... pourquoi ? Dis-moi vite !

Le Sketch (la voix du comédien enregistrée) - Je n’ai jamais fait rire le public, je ne sers à rien... je ne suis pas un vrai Sketch, je n’existe pas !

[...]

 © Dominique Fache, 2008 et 2012.

 

Discours direct à double énonciation, « Le Sketch qui n’existe pas » est un sketch absurde

  

Nous étudions les arguments implicites et les thèses et nous analysons l’allégorie.

Ensuite, je réponds aux questions d’une élève à propos des fonctions du langage, j’explique comment j’utilise différentes techniques afin que le comédien retienne l’attention du spectateur.

 

[...] Le sketch met en évidence sa propre détresse et le comédien livre ses sentiments. Leurs propos ont une fonction expressive, mais, en fait, je m’adresse au public. Quand je fais semblant de motiver mon sketch, j’essaie de mobiliser le spectateur pour qu’il défende, lui aussi, ma thèse. Après la fonction phatique, il faut donc voir une fonction conative, en corrélation avec la fonction expressive. 

- Fonction phatique, expressive, conative... tu pourrais m’expliquer ? 

 [...] 


Ecrire une nouvelle en prose poétique

Perpendiculaires

[...]

Elle se retourne. L’horizon s’est considérablement élargi. La nature s'amuse à déployer son puzzle démesuré. En contrebas de la route, et à perte de vue, des milliers de flaques d'eau. Elle devine de-ci de-là des troupeaux de moutons de prés-salés qui paissent l'herbe rare des bancs de sable chaud. Les bosquets, les quelques maisons de pêcheurs et le phare disparaissent dans le lointain, sur des dunes égarées, étranglées entre le fleuve et la mer.

Un virage, le soleil la regarde en face à présent. 

[...]

 

© Dominique Fache, 2008 et 2012.

 

Une adolescente, monitrice de centre aéré, se remémore les deux mois qu’elle vient de passer. Elle va retrouver ses parents, ses amis, elle pense à la rentrée.

 

 

La nouvelle est divisée en deux parties (perpendiculaires).  

Dans mon manuel, je vous propose une lecture linéaire de la première partie, lyrique, « La ligne horizontale ». Je n’ai pas souhaité analyser la seconde partie, écrite dans un registre polémique et tragique, qui ne plairait pas forcément à mes jeunes lecteurs.

Mais vous pouvez découvrir la nouvelle dans mon recueil « Clins d’émotion ». 

 

[...] Dorénavant, c’est le soleil qui dirige à sa guise la vie de l’adolescente « chez elle, la demoiselle n’avait jamais remarqué », il est espiègle et inattendu « les facéties du soleil », il s’amuse avec Adeline ou il s’amuse d’Adeline « qui a joué », il détient le pouvoir de la transformer « ce magicien » il l’aide « façonnant son ombre et l’agrandissant », mais il change facilement d’avis « la faisant virevolter ».

 

D’ailleurs, il vient de changer de position, que va-t-il décider ? « Un virage, le soleil la regarde en face à présent ». Il est capable d’abandonner Adeline « la laissant », est-il capable du pire ? « disparaitre subitement ».

[...]

 


Je vous invite à découvrir le manuel et le recueil : 

Un poète vous explique comment

il utilise les procédés littéraires

 

tome 1 Analyse de l'implicite

 

tome 2 L'Analyse du poème


 Recueil de poèmes, sketchs, nouvelles

édition 2018

Lire les premières pages :

 

Clins d'émotion