Poèmes en fleurs

Florilège

Des poèmes et des fleurs, de toutes les couleurs

Premier sourire du printemps

Tandis qu'à leurs œuvres perverses

Les hommes courent haletants,

Mars qui rit, malgré les averses,

Prépare en secret le printemps.

 

Pour les petites pâquerettes,

Sournoisement lorsque tout dort,

Il repasse des collerettes

Et cisèle des boutons d'or.

 

Dans le verger et dans la vigne,

Il s'en va, furtif perruquier,

Avec une houppe de cygne,

Poudrer à frimas l'amandier.

 

La nature au lit se repose ;

Lui descend au jardin désert,

Et lace les boutons de rose

Dans leur corset de velours vert.

 

Tout en composant des solfèges,

Qu'aux merles il siffle à mi-voix,

Il sème aux prés les perce-neiges

Et les violettes aux bois.

 

Sur le cresson de la fontaine

Où le cerf boit, l'oreille au guet,

De sa main cachée il égrène

Les grelots d'argent du muguet.

 

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,

Il met la fraise au teint vermeil,

Et te tresse un chapeau de feuilles

Pour te garantir du soleil.

 

Puis, lorsque sa besogne est faite,

Et que son règne va finir,

Au seuil d'avril tournant la tête,

Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

 

Théophile GAUTIER   (1811-1872)

Printemps, tu peux venir !
Printemps, tu peux venir !
Bourgeons, premières feuilles et premières fleurs du printemps


Mignonne, allons voir si la rose…

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

 

Las! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place,

Las, las ses beautés laissé choir

O vraiment marâtre Nature,

Puisqu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

 

Donc, si vous me croyez, mignonne

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse:

Comme à cette fleur, la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

 

Odes-    Pierre de Ronsard 1524 - 1585 

Mignonne, allons voir si la rose
Mignonne, allons voir si la rose
Rose tendre moucheté rose

Floraison

Bercées,

Clochettes enneigées,

Les timides fleurettes,

Balancé par le vent fragile muguet,

Secoués tendrement comme des hochets.
      La nature dispose,

      Délicates dragées,

      Ses pétales blanc-rose,

      Bleutés et orangés.
Corole écarquillée sourit une anémone.

Aux anges les prairies, l’air serein carillonne !
Loin des massifs, un liseron, la vigne-vierge,

L’hortensia joufflu s’amuse avec le jasmin,

Déjà le genêt jaunit, joyau dans son jardin,

Rougissent les roses pompon devant les manèges,

Un papillon butine une blanche azalée,

Grimpe le liseron en recouvrant la vigne,

La jonquille en sanglots, cent larmes de rosée,

Son narcisse a séduit un miroir étonné.

Jacinthe au fond des bois surprend une amourette,

Dansent la capucine et la belle-de-nuit.

L’envahissant souci caresse une pensée,  

Le riche bouton d’or dorlote ses racines,

Le pavot se pavane, intéressé, sournois,
Piquent, les orties piquent.

Le chardon sombre blesse.

Tue l’amanite phalloïde.

Fertiles ronceraies, cruelle dionée !

L’enfance fanée.

 

© Dominique Fache 2008

giroflées
fleurs de marronnier

Veillée d’Avril

 Il doit être minuit. Minuit moins cinq. On dort.

Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves,

Et moi, las de subir mes vieux remords sans trêves,

Je tords mon cœur pour qu’il s’égoutte en rimes d’or.

 

Et voilà qu’à songer me revient un accord,

Un air bête d’antan, et sans bruit tu te lèves

Ô menuet, toujours plus gai, des heures brèves

Où j’étais simple et pur, et doux, croyant encor.

 

Et j’ai posé ma plume. Et je fouille ma vie

D’innocence et d’amour pour jamais défleurie,

Et je reste longtemps, sur ma page accoudé,

 

Perdu dans le pourquoi des choses de la terre,

Écoutant vaguement dans la nuit solitaire

Le roulement impur d’un vieux fiacre attardé.

 

  Jules LAFORGUE (1860-1887) - Premiers poèmes

Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves
Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves
fleur bleue et rose


Printemps

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !

Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,

Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !

Les peupliers, au bord des fleuves endormis,

Se courbent mollement comme de grandes palmes ;

L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;

Il semble que tout rit, et que les arbres verts

Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.

Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;

Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,

A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,

Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

 

Victor Hugo, Toute la lyre

à Gamaches
Tulipes roses, clochettes bleues et blanches


La petite vierge

La petite Vierge Marie 

Passe les soirs de mai par la prairie, 

Ses pieds légers frôlant les brumes, 

Ses deux pieds blancs comme deux plumes.

 

S'en va comme une infante, 

Corsage droit, jupes bouffantes, 

Avec, à sa ceinture, un bruit bougeant 

Et clair de chapelet d'argent.

 

Aux deux côtés de la rivière 

Poussent par tas les fleurs trémières, 

Mais la Vierge, de berge en berge, 

Ne cherche que les lys royaux 

Qui s'érigent au bord de l'eau 

Comme flamberges.

 

Et puis saisit entre ses doigts, 

Un peu roides de séculaire empois, 

Un insecte qui dort, ailes émeraudées, 

Au cœur des plantes fécondées.

 

Et de sa douce main, enfin, 

Détache une chèvre qui broute 

A son piquet, au bord des routes, 

Et doucement la baise et la caresse 

Et gentiment la mène en laisse.

 

Alors, la petite Vierge Marie 

S'en vient trouver le vieux tilleul de la prairie, 

Dont les rameaux pareils à des trophées 

Recèlent les mille légendes,

 

Et, humble, adresse enfin ces trois offrandes, 

Sous le grand arbre, aux bonnes fées, 

Qui autrefois, au temps des merveilleuses seigneuries, 

Furent comme elle aussi 

Les bonnes dames de la prairie.

 

Émile VERHAEREN   (1855-1916)



La Courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l'innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

 

Paul ELUARD, Capitale de la douleur, (1926)

hortensia bleu
hortensia bleu violet

1er janvier

Enfant, on vous dira plus tard que le grand-père 

Vous adorait ; qu'il fit de son mieux sur la terre, 
Qu'il eut fort peu de joie et beaucoup d'envieux, 
Qu'au temps où vous étiez petits il était vieux, 
Qu'il n'avait pas de mots bourrus ni d'airs moroses, 
Et qu'il vous a quittés dans la saison des roses ; 
Qu'il est mort, que c'était un bonhomme clément ; 
Que, dans l'hiver fameux du grand bombardement, 
Il traversait Paris tragique et plein d'épées, 
Pour vous porter des tas de jouets, des poupées, 
Et des pantins faisant mille gestes bouffons ; 
Et vous serez pensifs sous les arbres profonds.

1er janvier 1871  Victor HUGO   (1802-1885)

Hortensia rouge


Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé

Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,

Et l'on entend à peine leurs paroles.

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé

Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne ?

- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne ?

 

- Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?

Toujours vois-tu mon âme en rêve ? 

- Non. Ah ! les beaux jours de bonheur indicible

Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

 

 - Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !

- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

 

Tels ils marchaient dans les avoines folles,

Et la nuit seule entendit leurs paroles.

 

 Paul VERLAINE   (1844-1896)

Le givre en janvier 2017
feuilles de laurier recouvertes de givre
Dans le vieux parc solitaire et glacé
Dans le vieux parc solitaire et glacé


gel en janvier 2017
arbres givrés


J'aime l'araignée

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,

Parce qu'on les hait ;

Et que rien n'exauce et que tout châtie

Leur morne souhait ;

 

Parce qu'elles sont maudites, chétives,

Noirs êtres rampants ;

Parce qu'elles sont les tristes captives

De leur guet-apens ;

 

Parce qu'elles sont prises dans leur œuvre ;

Ô sort ! fatals nœuds !

Parce que l'ortie est une couleuvre,

L'araignée un gueux ;

 

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,

Parce qu'on les fuit,

Parce qu'elles sont toutes deux victimes

De la sombre nuit...

 

Passants, faites grâce à la plante obscure,

Au pauvre animal.

Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,

Oh ! plaignez le mal !

 

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;

Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie

De les écraser,

 

Pour peu qu'on leur jette un œil moins superbe,

Tout bas, loin du jour,

La vilaine bête et la mauvaise herbe

Murmurent : Amour !

 

Victor HUGO   (1802-1885) 

buisson aux fleurs jaunes sur la falaiseà Penly


Adieux à la poésie

Allons, ange déchu, ferme ton aile rose ;

Ôte ta robe blanche et tes beaux rayons d’or ;

Il faut, du haut des cieux où tendait ton essor,

Filer comme une étoile, et tomber dans la prose.

 

Il faut que sur le sol ton pied d’oiseau se pose.

Marche au lieu de voler : il n’est pas temps encor ;

Renferme dans ton cœur l’harmonieux trésor ;

Que ta harpe un moment se détende et repose.

 

Ô pauvre enfant du ciel, tu chanterais en vain

Ils ne comprendraient pas ton langage divin ;

À tes plus doux accords leur oreille est fermée !

 

Mais, avant de partir, mon bel ange à l’œil bleu,

Va trouver de ma part ma pâle bien-aimée,

Et pose sur son front un long baiser d’adieu !

 

Théophile Gautier, La comédie de la mort (1838)

Enfance

Au jardin des cyprès je filais en rêvant,

Suivant longtemps des yeux les flocons que le vent

Prenait à ma quenouille, ou bien par les allées

Jusqu’au bassin mourant que pleurent les saulaies

Je marchais à pas lents, m’arrêtant aux jasmins,

Me grisant du parfum des lys, tendant les mains

Vers les iris fées gardés par les grenouilles.

Et pour moi les cyprès n’étaient que des quenouilles,

Et mon jardin, un monde où je vivais exprès

Pour y filer un jour les éternels cyprès.

 

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

fleur arbuste
bouquet de fleurs


L'échelonnement des haies

L'échelonnement des haies

Moutonne à l'infini, mer

Claire dans le brouillard clair

Qui sent bon les jeunes baies.

 

Des arbres et des moulins

Sont légers sur le vert tendre

Où vient s'ébattre et s'étendre

L'agilité des poulains.

 

Dans ce vague d'un Dimanche

Voici se jouer aussi

De grandes brebis aussi

Douces que leur laine blanche.

 

Tout à l'heure déferlait

L'onde, roulée en volutes,

De cloches comme des flûtes

Dans le ciel comme du lait.

 

Sagesse, III, 1881 - Paul Verlaine 

Quand vous serez bien vieille…

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,

Assise auprès du feu, dévidant et filant,

Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :

« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »

 

Lors vous n’aurez servante oyant  telle nouvelle,

Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,

Bénissant votre nom de louange immortelle.

 

Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,

Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :

Vous serez au foyer une vieille accroupie,

 

Regrettant mon amour et votre fier dédain.

Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :

Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie

 

Sonnets pour Hélène, II, 43,   1578 - Pierre de Ronsard

Sonnet à Marie

Je vous envoie un bouquet que ma main

Vient de trier de ces fleurs épanies ;

Qui ne les eût à ce vêpre cueillies,

Chutes à terre elles fussent demain.

 

Cela vous soit un exemple certain

Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,

En peu de temps cherront toutes flétries,

Et, comme fleurs, périront tout soudain.

 

Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame ;

Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,

Et tôt serons étendus sous la lame ;

 

Et des amours desquelles nous parlons,

Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.

Pour c'aimez-moi cependant qu'êtes belle.

 

Pierre de Ronsard -  1524-1585

pavot et fleurs variées en bord de route en été
petite rose rouge

Tristesse d'été

 Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,

En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux

Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie,

Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

 

De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie

T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux

" Nous ne serons jamais une seule momie

Sous l'antique désert et les palmiers heureux ! "

 

Mais la chevelure est une rivière tiède,

Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède

Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

 

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,

Pour voir s'il sait donner au cœur que tu frappas

L'insensibilité de l'azur et des pierres.

 

Stéphane MALLARME (1842-1898) 

fleur d'un jaune d'or à Bracquemont

Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,

Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;

Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,

La mer sans fin commence où la terre finit.

 

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid

Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.

Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,

A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

 

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,

Des landes, des ravins, montent des voix lointaines

De pâtres attardés ramenant le bétail.

 

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,

Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

 

José-Maria de Heredia, Les Trophées 1893

fleur aux pétales très fins, violets, coeur blanc

A une fleur séchée dans un album

Il m’en souvient, c’était aux plages

Où m’attire un ciel du midi,

Ciel sans souillure et sans orages,

Où j’aspirais sous les feuillages

Les parfums d’un air attiédi.

 

Une mer qu’aucun bord n’arrête

S’étendait bleue à l’horizon ;

L’oranger, cet arbre de fête,

Neigeait par moments sur ma tête ;

Des odeurs montaient du gazon.

 

Tu croissais près d’une colonne

D’un temple écrasé par le temps ;

Tu lui faisais une couronne,

Tu parais son tronc monotone

Avec tes chapiteaux flottants ;

 

Fleur qui décores la ruine

Sans un regard pour t’admirer !

Je cueillis ta blanche étamine,

Et j’emportai sur ma poitrine

Tes parfums pour les respirer.

 

Aujourd’hui, ciel, temple et rivage,

Tout a disparu sans retour :

Ton parfum est dans le nuage,

Et je trouve, en tournant la page,

La trace morte d’un beau jour !

 

Vingt-huitième méditation Alphonse de Lamartine (1790-1869) 

ail décoratif
fleur de lin
hortensia rose et mauve

Crépuscule

L'étang mystérieux, suaire aux blanches moires,

Frisonne; au fond du bois la clairière apparaît ;

Les arbres sont profonds et les branches sont noires ;

Avez-vous vu Vénus à travers la forêt ?

 

Avez-vous vu Vénus au sommet des collines ?

Vous qui passez dans l'ombre, êtes-vous des amants ?

Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines;

L'herbe s'éveille et parle aux sépulcres dormants.

 

Que dit-il, le brin d'herbe ? et que répond la tombe ?

Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs.

Lèvre, cherche la bouche ! aimez-vous ! la nuit tombe;

Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs.

 

Dieu veut qu'on ait aimé. Vivez ! faites envie,

O couples qui passez sous le vert coudrier.

Tout ce que dans la tombe, en sortant de la vie,

On emporta d'amour, on l'emploie à prier.

 

Les mortes d'aujourd'hui furent jadis les belles.

Le ver luisant dans l'ombre erre avec son flambeau.

Le vent fait tressaillir, au milieu des javelles,

Le brin d'herbe, et Dieu fait tressaillir le tombeau.

 

La forme d'un toit noir dessine une chaumière;

On entend dans les prés le pas lourd du faucheur;

L'étoile aux cieux, ainsi qu'une fleur de lumière,

Ouvre et fait rayonner sa splendide fraîcheur.

 

Aimez-vous ! c'est le mois où les fraises sont mûres.

L'ange du soir rêveur, qui flotte dans les vents,

Mêle, en les emportant sur ses ailes obscures,

Les prières des morts aux baisers des vivants.

 

Victor Hugo, « Crépuscule », Les Contemplations, II (1856)   

Novembre
massif de délicates fleurs rouges
dahlia orange

Analyse du poème, idée par idée, technique après technique, mot à mot
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Les Fleurs, les Ronces et la Cigüe

Poèmes et collection de textes courts

Les Fleurs, les Ronces et la Cigüe
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